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Editions CAPI

Charles MOULY

De profondes racines occitanes.


Né en Mars  1919 à La Vinzelle, petit village aveyronnais des environs de Conques, Charles MOULY se souvient surtout du village de son enfance, Compolibat, au creux des gorges de l’Aveyron, en amont de Villefranche de Rouergue.
C’est dans ce village, berceau depuis des siècles de sa famille tant maternelle que paternelle, qu’il apprit la langue d’Oc dont il usa quotidiennement avec ses parents et amis paysans et dont il continue à user chaque fois qu’une occasion le ramène parmi eux.
C’est là qu’il vit évoluer de pittoresques personnages qui lui inspirèrent plus tard le « petit monde de Minjecèbes » et qu’il entendit raconter les savoureuses histoires qui font partie d’un fonds populaire transmis oralement au fil des générations. Parmi ces conteurs il y avait Julien, le facteur, dont la verve est restée légendaire, mais aussi son propre grand-père, forgeron maréchal ferrant, ancien Compagnon du Tour de France, aussi réputé pour ses joyeux propos que pour son talent professionnel, et Galy, un Dominique rouergat de St Rome du Tarn qui assurait la première partie des galas d’Emma Calvé lorsqu’elle donnait un récital dans la région…
C’est là également, auprès de son père Henri MOULY, instituteur mais aussi (et surtout) majoral du Félibrige, maître ès jeux Floraux, comptant parmi les meilleurs écrivains de langue d’Oc, que se forma l’attachement profond qu’il porte à tout ce qui touche à la tradition occitane.
Cela ne l’empêcha nullement de faire de solides études secondaires et de préparer une licence ès lettres classiques qui le destinait à devenir professeur de français, de latin et de grec.
Mais le destin lui réservait d’autres voies. Parallèlement à ses études, Charles MOULY faisait en effet lui aussi du théâtre en amateur.
Cependant que diverses revues –en particulier la revue littéraire toulousaine « L’Effort »- publiaient ses premiers poèmes, il participait aux activités du groupe folklorique créé par son père à Villefranche-de-Rouergue avant de créer, à 19 ans, son propre groupe à Cahors : Las Brugos Carcinolos. Monté sur scène à l’âge de 15 ans, chantant les airs traditionnels du Rouergue ainsi que les chansons qu’il composait avec son ami Georges HACQUARD (remarquable musicien), jouant la comédie à l’occasion, peignant des décors, il avait déjà fait un solide apprentissage des « planches » et du public lorsque survint la guerre.
En 1939, Charles MOULY a 20 ans et il est en train d’achever sa licence ès lettres. Mobilisé, il est élève-officier à l’École de l’air quand survient l’Armistice de juin 1940. Replié à Toulouse, il restera sous l’uniforme jusqu’à la fin de 1942, ses loisirs ne tardant pas à le ramener au chant et à la scène. Son talent de chanteur, qui l’a fait engager par Juliette DISSEL dans le troupe du Théâtre d’Oc où il rencontre DOMINIQUE, lui vaut d’assurer déjà ses premières émissions régulières au micro de Toulouse-Pyrénées.
C’est une période de sa vie où il hésite encore entre plusieurs voies. Il est notamment tenté par la carrière de l’opéra, ayant eu l’occasion de chanter sur la scène du Capitole l’un des principaux rôles de l’opéra de Joseph CANTELOUBE : « Le Mas », adapté en occitan par l’abbé SALVAT. Cette expérience lui a fait rencontrer André PERNET, un des plus prestigieux chanteurs qu’ait connu l’Opéra de Paris, qui l’a pris en amitié et lui a donné des leçons de chant. Entre temps, il est devenu speaker à Radio-Toulouse où ses attaches avec la Résistance lui vaudront, lorsque viendra l’heure de la Libération, d’être le premier à annoncer sur les ondes : « Ici Toulouse libre ! ».
Quelques mois plus tard, chargé de la direction des programmes, il lance l’émission de variétés occitanes « Les Pescofis » où prendra vie le personnage de Catinou, et il anime l’émission publique « Toulouse 45 ».
Remobilisé, il restera absent de Toulouse jusqu’à la fin de 1947. Toutefois, dès le début de 1946, alors qu’il s’occupe du Théâtre aux Armées aux côtés d’André PERNET, il envoie chaque semaine au quotidien « La République » une histoire et un dessin pour raconter les exploits de Catinou et des citoyens de Minjecèbes qui ont déjà acquis une grande popularité. Rendu à la vie civile et intégré aux services de la Radio-Télévision Française à Paris, il semble définitivement pris dans l’engrenage d’une carrière parisienne.
Mais la nostalgie de Toulouse et son attachement à la terre occitane l’emportent. Il quitte la RTF et revient dans la Ville rose où il entame une nouvelle carrière comme journaliste. D’abord à « La République », puis à « La Dépêche du Midi ». Par la suite, il sera en plus correspondant du quotidien économique « Les Échos » et de la DATAR, délégué de l’Association des journalistes du développement régional. Son métier de journaliste le fera étroitement participer à tous les événements importants de la vie toulousaine et régionale. Notamment la vie artistique. Chroniqueur attitré du Théâtre du Capitole, il sera un certain temps mêlé à l’activité du Grenier de Toulouse et il suivra aussi de très près celle des Ballets Occitans de Françoise DAGUE.
Poursuivant parallèlement sa carrière d’auteur et d’homme de radio, il continue avec la complicité de DOMINIQUE à faire vivre ses personnages Catinou et Jacouti à la fois sur les ondes et sur scène. En les faisant du reste alterner, afin de varier le plaisir, avec d’autres personnages : Padeno, Pigassou, Martin de Castanet etc…


Date de création : 03/11/2017 09:35
Catégorie : - Le père créateur
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